Le grand dérangement est un moment très important de l'histoire du Québec. Nos cousins se souviennent de cette période très structurante pour eux. Il correspond à l'expulsion du peuple acadien par les anglais et aux grandes migrations vers d'autres terres moins hospitalières...

A Tadoussac, point d'expulsion. On souhaiterait même voir plus et de plus près ces célèbres mammifères qui plongent allègrement dans notre imaginaire collectif.
En plein mois d'août, période où baleines bleues, rorquals à bosse et autres bélugas font la fête au krill et au microplancton, s'agglutinent des dizaines d'embarcations remplies de mateurs de tous ordres.
Manne tombée des cars, le touriste doit être satisfait dans sa quête d'émotion et ses réminiscences d'ancien être marin. C'est pourquoi les "safariens" n'hésitent pas à annoncer des obligations de résultat (baleines garanties) et à afficher ces si belles queues qui sont autant d'invitations au voyage onirique...











La cohabitation n'est cependant pas de tout repos pour les baleines. Les scientifiques du parc marin auraient constaté qu'en période de haute fréquentation, le temps de plongée et donc d'alimentation des cétacés se réduirait à cause du stress et du bruit causé par les hélices, hélas.
D'aucuns vont même jusqu'à dire que leur souffle aurait gagné en intensité et en hauteur induisant un ras-le-bol caractérisé communément traduit en un retentissant « c'est assez ! » ("ouarf-ouarf" aboie le chien de mer)
Certes, des règles de bon voisinage ont été édictées mais la tentation est grande pour ces touchants touristes de toujours plus s'approcher. A quand les séances de photos sur le dos des baleines ?

Personnellement je n'ai pas vu de rorquals ni chercher à en voir, d'ailleurs. Il paraît qu'on peut les observer depuis la côte, aux Bergeronnettes. Tout juste croisé accidentellement quelques bélugas qui remontaient incognito le Saint Laurent au large de l'Isles aux Coudres.



Je préfère laisser la paix à ces animaux et les imaginer libres dans mes mers intérieures et mon cogito.

En ces périodes de grand détachement, je garde cependant un souvenir ému pour ma voisine de palier que j'ai abandonnée en terre parisienne...



Jonas