« Non à l'expulsion pour spéculation ! », « Non aux marchands de biens liquidateurs ! » « Boccador dehors ! » Tels sont les messages que l'on peut lire à proximité de l'hôtel du Grand Veneur à Paris.



Qu'elle s'applique rue des arquebusiers dans le Marais, rue du Cherche-Midi dans le 6e arrondissement, rue de l'Université (7e), rue du Faubourg Saint Honoré (8e), avenue des Ternes (17e) ... la démarche ici dénoncée est toujours la même : réaliser un profit immédiat sur la vente d'appartements sis le plus souvent dans les beaux quartiers.

Le rendement locatif n'est plus ce qu'il était ...

Westbrook, un fonds d'investissement américain a acheté des milliers de logements parisiens avec l'intention de les revendre dans les 5 ans avec une plus value de quelque 30%. Les hommes d'affaires new-yorkais raffleraient ainsi très légalement mais de façon cavalière (cow-boys obligent) près de la moitié des appartements mis sur le marché à Paris.

Acheter ou partir, il faut choisir ...

Dans ces conditions, dur dur d'être locataire. Seule alternative : acheter ou partir. Quand on connaît le prix du mètre carré parisien et qu'on a que DAL ou presque, la solution s'impose rapidement...

Certains irréductibles résistent cependant; tel le comité de locataires qui s'est constitué dans le Marais pour lutter contre la société Boccador (sic) chargée de vendre les appartements de la rue des Arquebusiers.

Quand les slogans cotoient les frises ...







Nul ne sait si les flèches que pourra décocher l'association sauront menacer ces cadors de l'immobilier. Ce qui est sûr en tout cas c'est que Paris touche le fond et perd depuis bien longtemps ses résidants* et par là-même son âme. Ici il ne s'agit certes pas de squats ou de logements insalubres mais de classes qualifiées de moyennes voire de bobos auxquels on propose des prix "abracadantesques"...

Si comme certains le prétendent, le logement est un droit et non le seul produit de la spéculation, il est urgent de prendre des mesures pour stopper l'hémorragie. Pour lutter contre cette flambée (!) des prix et rendre Paris « habité », la mairie et le législateur sont-ils prêts à faire usage de leur carquois ?

Arrêté ou loi, embarras du choix ou choix de l'embarras ?

Source : Le Parisien – 23 avril 2004

* remplacés par des résidents fort thunés