On était ravi que le terme "jeune pousse" remplace avantageusement celui de "start-up" dans le vocabulaire des honnêtes branchés.
V'la ti pas aujourd'hui que l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique), pour fêter ses 20 ans de soutien à la création d'entreprises innovantes dans le domaine des STIC (sciences et technologie de l'information et de la communication), lance un label de confiance à la terminologie très anglophone.

"Born of INRIA" qui veut dire d'après l'astérisque (et péril) figurant sur la page officielle du site "Issues de", est en quelque sorte un label de bonne conception comme celui qui garanti la qualité des poulets que nous consommons et dont nous ne louerons pas le nom...

poussin

Etre né quelque part, pour celui qui est né‚ c'est toujours un hasard (MLF - Né quelque part)


Et alors ? Il n'y a rien de vraiment répréhensible dans tout ça !

Après tout si cela peut aider les financeurs potentiels à mettre quelques batons dans les STIC et se faire une idée sur la fiabilité et la bonne éducation des dites pousses. Ceci dit et de façon accessoire, l'Amusoire constate que seul un peu plus de la moitié des organismes vole de ses propres ailes... ce qui laisse à penser que le fonctionnement de la couveuse pourrait encore être amélioré.

Non, c'est plutôt sur un détail qui reflète l'état d'esprit ambiant que nous nous polariserons. Celui qui consiste à penser que ce qui est rédigé et exprimé en anglais est forcément plus branché, tendance, tip-top, in quoi ...

Certes les marchés de capitaux sont internationaux, certes les jeunes pousses ou "spin-off" en question, bien que basées en France, ont la plupart du temps des noms à consonnance anglaise, mais notre langue est-elle à ce point si impuissante et décalée qu'un terme francophone ne puisse être appliqué, qui plus est par un établissement public français qui se devrait d'être exemplaire en la matière ?
En tout cas, ça n'a pas eu l'air de choquer Patrick Devedjian, ministre délégué à l'industrie ainsi que François Daubert son collègue à la recherche qui ont lancé mardi le label en grande pompe à Paris. C'est avec une dynamique pareille que la langue perd de sa superbe. Après, on peut bien déployer des sommets de la francophonie à tout va pour réparer les dégâts.

Pour promouvoir une langue, il faut déjà la respecter !

Et comme dit notre ami Alphonse Allais "passé les born il n'y a plus de limites" !

Filou

Voir le communiqué "borné" de l'INRIA

Il peut arriver que l'Amusoire emprunte des anglicismes mais c'est souvent pour la blague et puis nous les rendons après :-) Ceci dit libre à vous de nous tancer lorsque vous en découvrez. C'est de bonne guerre, comme on dit ...

Picto issu de www.picto.qc.ca