"Il faudrait construire les villes à la campagne, l'air y est plus sain". Cette citation d'Alphonse Allais, un chéri de l'Amusoire, les habitants de "la campagne à Paris" doivent la ressasser en ce moment. L'endroit bucolique (voir en bas de la page) que les parisiens en mal d'oxygène aiment à fréquenter, est en effet situé aux abords immédiats de l'échangeur de Bagnolet, objet de toutes les attentions d'AIR PERIF, heu...pardon d'AIR PARIF...

Ce noeud d'échange (1) (je prends tes gaz et tu me donnes ton cancer) où circulent (euphémisme car il s'agit plutôt de stationnement) près de 350 000 véhicules par jour, dégage une certaine atmosphère que ce surveillant de la qualité de l'air en Ile-de-France a essayé de capter fin 2003.

Résultat (tardif, Air Parif !) : comme on pouvait s'y attendre, l'endroit est très pollué puisque les niveaux de dioxyde d'azote (celui qui fait grimper les pics d'ozone) et de benzène y sont 2 à 3 fois supérieurs aux normes acceptables; et ceci dans un rayon de 400 m alentours.

les mercuriales

Manquerait plus qu'on trouve du mercure, dans nos-twins-à-nous-toujours-debout, les Mercuriales qui prennent tout ça de haut...


Pas étonnant après que les gens ne puissent plus sentir la vie de quartier qui nous est pourtant si souvent vantée...
Sur ces 70 000 riverains du 20e arrondissement de Paris, de Bagnolet et des Lilas (poussent-ils sous ces climats ?), certains sont plus concernés que d'autres. Ainsi les usagers du métro Gallieni ou de la gare routière adjacente ou encore les "coursicoteurs" du centre commercial Bel Est (sic) sont au coeur de la zone.
Peut-être aurait-il mieux valu pour eux que le 10e chantier de Mitterrand, la construction en 1984 d'une vaste salle de rock au coeur de l'échangeur, se réalise. Même si ça n'aurait pas non plus forcément gazé avec les coeurs de rockeurs...

Bref, comme on l'a vu lors des interviews par les télés des riverains accoudés à leur fenêtre (chose qu'ils ne font plus depuis de lustres), ça pollue sec tant au niveau de l'air, du son, de l'esthétique "laisse-béton" et de la propreté. Là-bas, tout est gris et pas que la nuit (2) ...

Alors, que faire ?

Couvrir les artères comme cela est entrepris au Lilas ou être à l'Ouest (mais n'y est-on déjà ?). Peut-être du côté de la porte d'Auteuil ?
Ben non, on ne vous le conseille pas : là-bas c'est aussi pollué...et beaucoup plus cher...

Alors ?

- déclenchement de la séquence violons -
Partir tous à la campagne, Allais tous à Honfleur ou l'air est plus sain et quitter la Seine à tout jamais (quoi que ...). On fabrique dans cet estuaire des gens aérés avec de l'air marin et de l'écume de vie, des gens ouverts et plein d'esprit.
- fermeture de la séquence violons -

Bon, sur ces effluves poétiques, l'Amusoire vous laisse car, dans l'immédiat, il faut qu'elle sauve des amis à elle qui sont par là-bas si elle ne veut pas aller bientôt les voir chez un autre riverain du coin, le père Lachaise ....

Papé de Bagnolet, si tu lis ce billet du fond de l'atelier, laisse la vigne et prend la poudre d'escampette ...
...mais pas l'Amusoire au pied de la lettre ...!

:-)

Pour en savoir plus : AIRPARIF actualité N°25 (avril 2005) : Quel impact sur la qualité de l'air d'un échangeur routier urbain? Le cas de l'échangeur de Bagnolet?

(1) Situé au confluent du périphérique, de l'autoroute A3 qui conduit à l'aéroport Charles de Gaulle, proche du boulevard extérieur et de la rue Belgrand qui dessert (miam-miam) le centre de Paris.

(2) Quand on vous disait que l'Amusoire, par son côté observatoire, pouvait avoir un côté très noir ...