Jarnac, outre la ville de Charentes, désigne un coup auquel on ne s'attend pas, une botte secrète*. Sûr que les ténors du parti socialiste l'avaient cette botte en ce jour de pluie battante au cours duquel on a rendu hommage à "Tonton" pour le dixième anniversaire de sa mort.

Alors que les années précédentes, hormis les grognards fidèles, on ne voyait que fort peu de monde se recueillir sur la tombe du défunt président, cette fois-ci ils étaient tous là ou presque.
Absents cependant de ce raout (pas Eric) la Zapatera, ex-ministre de l'environnement de Mitterrand, partie chercher des enseignements pour sa future candidature présidentielle en terre chilienne et qui avait dépêché sa représentante ainsi que l'épouse tatie Danielle qui était venue la veille et préférait rester au calme loin de cette pagaille; sans oublier le gars Michel au ressentiment avéré vis à vis de celui avec lequel il a du cohabiter...

L'inventaire ayant été maintenant réalisé, un grand nombre de personnalités se pressaient autour du caveau familial pour revendiquer une part de l'héritage. Ce dixième anniversaire promettait une médiatisation "formidable" et pour rien au monde ils n'auraient voulu manquer ça. Un sondage ne venait-il pas de révéler à la France entière que François M. était dorénavant au yeux des français le meilleur Président ?

Laurent F., candidat à la candidature qui d'habitude ne porte pas le chapeau, arborait pour l'occasion un splendide couvre-chef, mitterrandien au possible. Lionel, Elisabeth, Bertrand, Pierre, Jacques, François (le plat marri alias el zapat'héros) et les autres dégoulinants de recueillement assistaient tête nue (total respect oblige) à l'émouvante cérémonie.

Les cheveux trempés et les permanentes ravagées, peut-être se disaient-ils que ces conditions atmosphériques déplorables (latin deplorare : pleurer) étaient encore un coup du père François, lequel décidément ne leur aura rien épargné.

Photo de groupe : http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060106.OBS1227.html



*Amateurs de littérature, de mots et de joutes verbales, Mitterrand aurait peut-être apprécié ce jeu de société