Nous étions près de 10 000 ce jour-là à cheminer sagement entre le Jardin A-Chénier et la Ciutat,"per la diversitat". Tous réunis, âges et catégories socio-professionnelles confondus, nous voulions montrer notre attachement à l'Occitan et à notre culture et prouver que cette langue dite "morte" est en fait loin de l'être.

Dans une ambiance bon enfant, le cortège, ponctué d'animations musicales et de chants a évolué jusqu'aux pieds de la vielle cité où a eu lieu une prise de parole.
Les organisateurs* de la manifestation ont rappelé à l'Etat qu'il devait créer un contexte favorable (y compris sur le plan financier) afin que les collectivités qui le souhaitent puissent mettre en place une politique de développement de l’occitan. Sur le plan de l'enseignement bilingue ou par immersion (Escolas Calandretas) de gros efforts restent à faire. Le Felco (Federacion dels ensenhaires de lenga e cultura d'Oc) déplore, par exemple, une baisse brutale du nombre de postes au CAPES d'occitan et plus généralement une déconsidération des langues régionales.

Hormis les personnes présentes, de nombreux messages de soutien sont parvenus aux organisateurs, ainsi celui de FRITZ PETER : « L’Europe future a besoin d’une France respectueuse de toutes ses langues et cultures parmi lesquelles la langue d’oc détient une place particulièrement importante. Je rêve d’un pays, entre l’Atlantique et les Alpes, où l’occitan vivrait, à côté du français, sans être méprisé, refoulé, oublié… Cela fait 40 ans que je parle à mes étudiants de la littérature française, des littératures “francophones” d’outre-mer – et de la littérature occitane. J’ai toujours rêvé d’une France prête à réparer les dégâts causés par plusieurs siècles de centralisme et à promouvoir de façon efficace ses langues “régionales” et, plus particulièrement, la langue d’oc, ce véhicule d’une grande culture d’Europe." FRITZ PETER KIRSCH Professeur de littérature – Université de Vienne - Autriche

Placée sous les couleurs sang et or de l'Occitanie, basques, bretons, marseillais, auvergnats, corses, italiens et autres catalans faisaient aussi partis de la fête. Un seul mot d'ordre : montrer la pluralité culturelle de la France et le dynamisme de ses langues régionales.

Par le passé de tels évènements avaient déjà été organisés, mais à la grande joie des organisateurs qui se sont investi depuis plus d'un an pour faire de cette fête une réussite, c'est bien la première fois que ce genre de manifestation connaît une telle ampleur.
Un rendez-vous a d'ores et déjà été pris pour fin 2006-début 2007. Une date qui permettra sans doute de vérifier si les appels à l'Etat et autres élus pour des aides et une reconnaissance ont été entendus.

Que seram, ço qui bastiram!

Sandrine Mauboules
Présidente de la calandreta de Lescar

* l'Institut d'Estudis Occitans, La FELCO, la confédération des Calandretas, Oc-Bi, le Conselh de la Juventut d'Oc.

Pour en savoir plus sur la manifestation :http://manifestar.online.fr
Sur les calandretas (en Oc) : http://c-oc.org/calandreta/



Voici quelques images "ad-oc" glanées ci-et-là par l'Amusoire.

musique

Tout commence en musique

sorciere

Une vieille manifestante



Dites-le avec des fleurs ...



Slogans alléchants



L'occitan à l'école !



Tête de manif



Ceux de Bigorre y étaient



Sang et or



En route vers la cité



Porte de drapeau sur fond de remparts



Tour operator



Sous les murs