Le 27 septembre, je recevais en tant que "webnaaba"* de l'association Edukafaso de la part d'un dénommé Nicolas Sarkozy (From: "Nicolas Sarkozy (UMP)" email@ump.emv1.com), un courriel m'invitant à participer à la préparation du projet 2007 et de devenir enfin acteur du changement.
"Des réponses simples, rapides et efficaces concernant les problèmes d'emploi, d'immigration, de fiscalité ou de sécurité devaient en effet être apportées aux français", me disait-on dans ce message illustré par la trombine du sieur.

nicolas


Séduit par les arguments développés, je pouvais m'abonner à la newsletter du parti en question ou mieux, devenir la sève de l'UMP en adhérant directement.

Inutile de vous dire que l'association et encore moins votre serviteur n'a de lien direct avec cette organisation politique, ne partageant pas, loin s'en faut, ses options de société. Alors comment l'adresse électronique de notre association s'est-elle retrouvée dans les filets de l'UMP ?

I-media, lotree, Impactnet, Maximiles qui sont les prestataires de l'UMP sur cette opération ont-ils pêché ou bien en tant qu'internautes moyens avons-nous été laxistes en renseignant les formulaires d'identification des dits sites ?

Toujours est-il que nous sommes nombreux en ce cas puisque la campagne a déjà été diffusée à deux millions d'adresses, dix mille nouveaux adhérents devant être recrutés par ce moyen.

Vous me direz, nous sommes tellement inondés de "pourriels", qu'un de plus ou un de moins...

Sauf qu'en l'occurrence ce "sarkoziel" émane d'un chef de parti qui est en même temps le ministre chargé de faire respecter la loi, en la matière la LEN (loi pour la confiance en l'économie numérique). Certes, celle-ci ne prévoit pas spécifiquement les conditions d'exploitation politique, associative, caritative ... Cependant la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) avait émis en 1996 une recommandation prévoyant que l'utilisation politique possible de l'adresse devait être présentée explicitement lors du recueil du consentement.

En tout état de cause, considérant que leur adresse avait été collectée de façon illégale, certains internautes, dont le délégué général de l'APRIL (Association pour la promotion et la recherche en informatique libre), ont même saisi la justice de l'affaire.

De son côté, la DDM (Direction du développement des médias rattachée au Premier ministre (!) réfléchit à la remise en oeuvre d'une boite à spam, telle celle qui avait été mise en place par la CNIL en 2002 : http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=369

Sarko mis en boite ?
Nul doute que le petit Nicolas doit être désenchanté à propos de ce nouveau média si prometteur contrairement à ce qu'avait du lui dire l'initiateur de la campagne, ancien collaborateur d'Alain Madelin et patron d'une agence web "L'enchanteur des nouveaux médias"...

Sur l'affaire voir :
http://www.sarkospam.net/
http://www.sarkozypresident2007.com/

* construction sur le modèle "webmestre" en mooré, une des langues principales du Burkina Faso