Assurément non si l'on emprunte le Métropolitain. Les 14 lignes du réseau et 297 stations de Paris offrent bien des échappées à qui veut rêver.
Sachez cependant que votre itinéraire ne traversera guère des champs de paix mais plutôt de nombreuses campagnes où ça bataillait ferme. Certaines stations en ont d'ailleurs pris le nom.

Parmi les destinations souterraines les plus prisées : l'Italie.
Ne dispose-t-elle pas à la fois d'une forte place, d'une porte plein sud, d'une campagne rivolienne, d'une ville Romantique où tout converge, d'un village de Vénétie où vous serez bien traité (Campo Formio), d'une dame de Loreto très pieuse ou encore d'une cité lombarde ensanglantée, Solférino, d'où émergera une Croix-Rouge ?

Après avoir chaussé cette belle botte, envie de faire un petit saut en Suisse ? Pas de problème, grimpez donc à Simplon en empruntant la ligne 4.
Plus au nord chez nos amis belges, Liège où de nombreuses rames bouchonnent mais aussi Anvers, sont au bon endroit. Par contre, Bruxelles n'a pas grand place. Elle n'est cependant pas oubliée grâce à l'intercession de la station Europe sur laquelle vient s'échouer la rue de Constantinople (gasp !).

Si vous voulez flâner du côté de la Russie et de l'Ukraine, descendez à Stalingrad que l'on tarde à rebaptiser dans les eaux de la Volga, étendez-vous sur la mer de Crimée, traînez sur les quais de Sébastopol, changez à Kremlin pour prendre la direction de Malakoff ou bien encore faites le zouave à Alma.

Outre-Rhin, vous parcourrez Iéna ou Tolbiac mais vous aurez du mal à atteindre Allemagne et Berlin, deux stations devenues respectivement Jaurès et Liège au lendemain de la première guerre mondiale. Allez savoir pourquoi ...

En Autriche c'est à Wagram, près de Vienne que vous bataillerez pour obtenir une place.
Si vous échouez, vous pourrez toujours embarquer pour Danube.

Et les hispaniques, me direz-vous, donde estan ?
Ils ont laissé peu de traces souterraines si ce n'est à travers Trocadéro amarré en baie de Cadix ou Saint Jacques traversé par les pèlerins cheminant vers les champs d'étoiles.
Moins mystique et plus érotique, un petit tango avec une ardente Argentine désargentée vous est proposé sur la ligne 1. A moins que vous ne préfériez vous "orienter" pour contempler Pyramide ou, alibi suprême, vous rafraîchir à l'oasis de Bir-Hakeim. Sachez également profiter de la fluidité du trafic en vous immergeant à la station Jourdain.

Enfin, bouclons la boucle en empruntant les Champs-Élysées qui devraient nous conduire vers un paradis éthéré ...

Qui aurait dit que le métro pouvait être un carburant de rêve ?

Filou