Ceci n'est pas un cauchemar




Ceci est un poisson,


plus précisemment un filet de perche du Nil ou de Tanzanie, tel que vous pouvez le trouver dans un de nos supermarchés. C'est également le héros du film "Le cauchemar de Darwin" qui vient de sortir sur les écrans français.

Il vaut mieux vous prévenir tout de suite, mieux avoir le coeur accroché pour aller voir ce documentaire car sinon, vous risquez de décrocher rapidement.
On y rencontre plein d'horreurs comme si toutes les plaies du monde s'étaient rassemblées ici sur les bords du plus grand lac tropical du monde, le lac Victoria. Lac que l'on désigne souvent comme le berceau originel de l'humanité.

Dans le couffin vous trouverez successivement :
  • un désastre écologique avec introduction (lors d'une expérience scientifique ?) d'un monstre d'eau douce : la-dite perche qui avale tout ce qui bouge et a détruit toute la diversité de la faune lacustre,
  • une industrie florissante pour ceux qui la dirigent,
  • des filets de poisson qui filent en Europe et ne seront jamais consommés par les habitants, ceux-ci pouvant juste se payer quelques têtes frites et dépouilles innommables,
  • un trafic d'arme "sous jacents",
  • des pilotes d'avions qui prennent les filles pour du bétail,
  • des meurtres, de l'alcoolisme, de la prostitution, un HIV omniprésent,
  • des enfants qui sniffent de la colle puis abrutis dorment à même le sol,
  • des autorités peu préoccupées par le sort de leur population,
  • des chefs d'entreprises cyniques qui se félicitent de la réussite économique du projet ...

Bref, un inventaire à la Prévert pour décrire l'enfer sur terre.
Tout ceci se passant sous le ballet incessant des avions chargés de leur précieuse cargaison que nous retrouverons "décontextualisée" dans nos assiettes.

Ce documentaire qui ne prend pas parti mais laisse seulement s'exprimer les acteurs sur place, dresse un constat effroyable.
L'Amusoire est désolée de vous parler d'un tel mouroir, mais là il n'est pas possible de se cacher la face et de ne pas voir les ravages d'une mondialisation débridée et le désespoir qu'elle entraîne.
Maintenant que faire ?
Peut-être commencer par aller voir le film et prendre conscience que nous sommes quelque part acteurs de cette maudite chaîne.



http://www.advitamdistribution.com/fiche.php?film_id=58

Tanzania, Tanzania !


Filou